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Basquiat, l'homme möderne.

Cinquante ans après la naissance de l’autodidacte surdoué, le musée d’art moderne de Paris accueille, après la fondation Bayeler de Bâle, la rétrospective Basquiat : plus de 150 dessins, peintures et objets.


Il suffit de franchir les murs de l’exposition pour s’imprégner d’un paradoxe ambulant qui rode dans les thèmes et les références de l’artiste, d’une magie qui opère, celle dont est imbibée le jeune peintre new-yorkais, mort prématurément à l’âge de 27 ans. Le format des peintures, monumental, plonge le visiteur dans l’univers inquiétant et lumineux du Basquiat underground célébré dans les années 80.


Les divers paradoxes de l’œuvre forment une étonnante complémentarité : les thèmes évoqués reviennent, et repartent, confondant avec génie l’héroïsme, la rue et la royauté, addition peu commune qui traduit les origines du jeune homme né à Brooklyn, ses racines portoricaines, haïtiennes et son parcours.


Les références, elles, mêlent et confrontent pop-art, expressionnisme abstrait, Picasso et Vinci, art vaudou et biblique à la violence de la rue, au hip-hop, aux graffitis, à la publicité et au genre « bande dessinée ».Le caractère d’urgence des œuvres se traduit dans le génie parfois brouillon mais souvent maitrisé, sorte de communion délicate entre équilibre et chaos. Basquiat évoluera dans un New-York "déglingué, trash et dangereux" où l’héroïne et le sida détruiront les plus grands protagonistes de la sphère artistique underground. Le petit protégé de Warhol était poète et finira victime d’un succès planétaire trop inattendu. Jean-Michel Basquiat, alias samo à ses débuts fût, pour l’anecdote, le premier artiste noir à exposer à la Biennale du Whitney Museum of American Art à New York.


Article publié sur Le Post (lien)